Pendant des années, les organisations se sont appuyées sur les outils traditionnels de gestion des risques : de longs tableurs Excel avec des colonnes « probabilité » et « impact », parfois même assortis d'actions de prévention ou d'atténuation, mis à jour une ou deux fois par an. Soyons honnêtes : quelle attention ces tableurs reçoivent-ils réellement de la part de la direction générale ?
Une question plus cruciale encore : quelle est l'efficacité de ces outils dans un monde défini par le changement rapide et l'incertitude ? Ne procurent-ils pas un faux sentiment de sécurité, mettant ainsi nos organisations en danger ?
Les leçons de Swissair et de Credit Suisse
Deux cas retentissants — Swissair et Credit Suisse — offrent des leçons dramatiques sur ce qui arrive quand les organisations échouent à comprendre et à affronter la réalité. Ces deux entreprises disposaient assurément d'une gestion des risques auditée ; il doit donc y avoir quelque chose qui cloche dans les pratiques traditionnelles, surtout lorsqu'elles se conjuguent à des failles de gouvernance et de leadership.
Fait intéressant, les deux cas offrent des dénouements contrastés :
- Swissair (2001) : La faillite de la compagnie aérienne ne fut pas qu'un échec financier — les autorités ont sous-estimé ce qui était réellement en jeu, et les conséquences furent irréversibles. Elle a entamé la réputation mondiale de la Suisse, sa résilience financière et la crédibilité de son management.
- Credit Suisse (2023) : À l'inverse, le gouvernement suisse a agi avec détermination, reconnaissant que les enjeux dépassaient de loin une seule banque. En intervenant tôt, il a préservé la stabilité financière, sauvé des milliers d'emplois, et peut-être même créé au passage une entité plus compétitive.
La différence ? Une compréhension claire de ce qui était en jeu, puis la capacité à agir avec détermination face à des circonstances changeantes. Si vous ne cadrez pas correctement le problème, vous apporterez une solution au mauvais problème, donc très probablement la mauvaise solution.
Pourquoi la gestion des risques traditionnelle ne suffit plus
La gestion des risques ne peut plus être un exercice périphérique relégué à de longs tableurs. Dans l'environnement volatil d'aujourd'hui, elle doit devenir un outil central de leadership et de décision, pleinement intégré à la stratégie de l'organisation.
Pour prospérer dans l'incertitude, les organisations (et les gouvernements) doivent combiner deux capacités critiques :
1️ L'intelligence situationnelle (SITINT) : la capacité à identifier les changements de contexte et à comprendre leur impact sur votre situation spécifique.
2️ L'agilité stratégique : la capacité à adapter dynamiquement votre mission, votre vision, votre stratégie ou vos objectifs pour survivre — et prospérer — dans des conditions changeantes.
La gestion des risques moderne exige une veille constante pour détecter les signaux faibles, en évaluer les implications grâce à l'intelligence situationnelle, et exécuter des stratégies intelligentes avec agilité.
Une nouvelle approche : le modèle des 4 points de tension (4 Points of Tension) :
Voici un enseignement clé : les risques ne sont peut-être pas le point d'entrée le plus efficace pour gérer la volatilité. Commencez plutôt par demander :
- Qu'est-ce qui est véritablement en jeu pour votre organisation (TP1) ?
- Quels risques découlent de ces enjeux ? (TP2)
- Comment pouvez-vous exploiter les opportunités (TP3) tout en engageant les parties prenantes (TP4) qui détiennent les clés de l'atténuation des risques ou de la création de résultats positifs ?
Ce changement d'état d'esprit transforme la gestion des risques : d'exercice défensif, elle devient une stratégie proactive de résilience et de croissance.
Voir ci-dessous le modèle d'intelligence situationnelle des 4 points de tension.

S'adapter à la volatilité : vos prochaines étapes
Pour naviguer avec succès dans la volatilité extrême :
✅ Intégrez l'intelligence situationnelle (le modèle des 4 points de tension) dans vos processus de décision.
✅ Ancrez l'agilité stratégique (votre réponse concrète aux enseignements de l'intelligence situationnelle) dans votre culture organisationnelle — elle doit devenir un mode de vie, pas une réponse exceptionnelle.
Invitation à échanger
Comment votre organisation gère-t-elle les risques dans ce paysage volatil ? Partagez vos expériences sur LinkedIn ou contactez-nous pour explorer comment l'agilité stratégique peut redéfinir votre approche de la gestion des risques.
